Enzo Peugeot (R-ace GP) : cap sur la Michelin Le Mans Cup

Après plusieurs saisons en monoplace, Enzo Peugeot s’apprête à découvrir l’endurance en Michelin Le Mans Cup avec R-ace GP. Entre adaptation à une nouvelle discipline, premiers essais à Portimão et ambition de gravir rapidement les échelons vers le LMP2 et le WEC, le jeune pilote français aborde pour Endurance Live cette nouvelle étape avec détermination.

Après plusieurs saisons en monoplace, vous allez découvrir l’endurance avec la Michelin Le Mans Cup. Qu’est-ce qui vous a convaincu de franchir ce cap dans votre carrière ?

« Après plusieurs années en monoplace, je vais effectivement découvrir la Michelin Le Mans Cup. Ce qui m’a convaincu, c’est principalement la question du budget. L’endurance offre aujourd’hui des opportunités différentes pour poursuivre une carrière. Mais au-delà de cet aspect, je vais aussi découvrir beaucoup de nouvelles choses et c’est ce qui rend ce défi très intéressant. J’ai vraiment hâte de commencer. D’ailleurs, je pars demain à Portimão pour effectuer les premiers essais. Nous allons également rouler avec les LMP2, ce sera un peu dans l’esprit de l’ELMS. Ce sera une bonne expérience pour débuter. »

Vous rejoignez R-ace GP, une structure très expérimentée en compétition. Comment s’est construite cette collaboration et qu’attendez-vous de cette première saison ensemble ?

« Avec R-ace GP, nous avions déjà discuté ensemble auparavant pour un programme en Formule Régionale, mais cela ne s’était finalement pas concrétisé à cause du budget. C’est une très bonne équipe. La semaine dernière, j’étais à l’atelier avec eux pour préparer la saison : briefings, préparation des essais, séances de simulateur, entraînement aux arrêts au stand et différents shakedowns. Tout a été mis en place pour être prêt avant les tests. La collaboration se passe très bien. L’équipe est très professionnelle, avec de bonnes personnes, que ce soit les ingénieurs ou les mécaniciens. L’objectif est clair : gagner. Pour l’instant, je ne connais pas encore mon coéquipier, cela se décidera au fil des tests. Nous verrons donc comment cela évolue. »

©️ Luca medias

La transition entre la monoplace et les courses d’endurance demande souvent une adaptation, notamment dans la gestion du trafic, des relais et du travail d’équipe. Comment préparez-vous ce changement de discipline ?

« Exactement, mais je pense être quelqu’un qui s’adapte assez rapidement, donc cela peut être un avantage. Concernant la gestion du trafic, nous avons déjà beaucoup travaillé sur simulateur pour préparer cet aspect. En revanche, la gestion des pneus est un point sur lequel je n’ai pas encore vraiment bossé en conditions réelles. Ce sera certainement l’un des axes principaux lors des prochains tests. Pour ce qui est du travail d’équipe, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup : échanger avec les autres pilotes, avec l’ingénieur, analyser les données ensemble. La semaine dernière à l’atelier, nous avons déjà beaucoup travaillé dans ce sens. Je pense donc que la transition entre la monoplace et l’endurance devrait se faire assez naturellement et de manière assez fluide. »

La Michelin Le Mans Cup constitue souvent une porte d’entrée vers l’European Le Mans Series et parfois les 24 Heures du Mans. Est-ce déjà un objectif à moyen terme dans votre parcours ?

« Oui, c’est clairement une bonne passerelle vers l’ELMS, le WEC ou même Le Mans. À court terme, l’objectif est de passer en LMP2 le plus rapidement possible. Bien sûr, cela dépendra du budget, mais aussi des résultats obtenus. Ensuite, le but serait de pouvoir rouler un jour en Hypercar en WEC ou éventuellement en GT3. L’objectif final reste simple : pouvoir vivre de ma passion. »

©️ Luca medias

Comment se sont déroulés ces essais de pré-saison à Portimao et quelles ont été vos premières sensations après plusieurs mois sans rouler ?

« Globalement, le test s’est bien passé. Cela faisait un moment que je n’avais pas roulé, la dernière fois remontait à novembre, donc presque quatre mois sans rouler. J’appréhendais un peu le retour en piste, mais finalement je me suis assez vite réadapté. On a tout de même rencontré quelques difficultés. L’équipe a eu du mal à exploiter les gommes neuves, notamment à cause de la nouvelle réglementation avec les nouveaux pneus arrière. Ils sont assez complexes à comprendre et à utiliser au maximum de leur potentiel. On a donc eu un peu de mal à vraiment les exploiter en simulation de qualifications. En revanche, en simulation de course, on était vraiment très rapides.

De mon côté, j’étais même le plus rapide du groupe, même si mes coéquipiers étaient également très performants. C’est très positif, d’autant que c’était la première fois que je faisais un run aussi solide en gérant les pneus sur la durée. J’étais donc vraiment satisfait. Le deuxième jour s’est déroulé dans la même dynamique. On a effectué plusieurs ajustements, notamment sur les pressions et sur le setup. On a trouvé des choses intéressantes, surtout pour progresser en qualifications. Il y a encore du travail, mais l’après-midi, nous avons fait deux simulations de course et, là encore, le rythme était très bon. Je suis donc content de ce que j’ai fait. Il reste maintenant quelques ajustements à effectuer avec l’équipe. Nous avons encore deux journées d’essais prévues au Paul Ricard les 23 et 24. L’objectif sera d’affiner tout cela. Si nous parvenons à mieux exploiter les pneus neufs, nous serons dans une bonne position. Il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas. »

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