Dans la seconde partie de cet entretien accordé à Endurance Live, Jérôme Policand revient sur un autre pilier de la philosophie d’Akkodis ASP : la formation. Du développement des jeunes pilotes à la progression des mécaniciens et des ingénieurs, en passant par un projet féminin en GT4, le patron de l’équipe explique comment il prépare l’avenir au-delà des seuls résultats en piste.
L’arrivée d’une nouvelle GT3 nécessitera-t-elle de renforcer vos effectifs ?
« Ce n’est pas forcément le sujet. Nous avons déjà beaucoup travaillé sur la Lexus actuelle, qui a été conçue avec une philosophie proche de celle d’une GT500. Malgré son âge, elle reste intéressante à exploiter. Notre travail avec Toyota a permis de mieux comprendre la voiture et d’en tirer le maximum. Cette expérience acquise en WEC sera utile si nous devons ensuite revenir dans d’autres championnats GT3. »
Vous accordez également une place importante à la formation des jeunes pilotes. Est-ce une volonté personnelle ?
« C’est effectivement ma touche. J’ai beaucoup travaillé en monoplace au cours de ma carrière, jusqu’à la Formule 3000, et je continue à suivre les différentes catégories, de la F4 à la F2, sans oublier le WEC ou le rallye. J’aime repérer des pilotes qui ne sont pas forcément dans le moule habituel, mais chez qui on sent un véritable talent. Avec des amis et des partenaires, nous avons accompagné plusieurs jeunes, dont Estéban Masson et Hadrien David, en leur donnant l’occasion de se montrer. C’est satisfaisant de voir que certains ont pu émerger alors qu’ils n’étaient pas nécessairement très suivis il y a deux ou trois ans. Ensuite, leur avenir dépend aussi des décisions prises par les constructeurs. »
Cette démarche concerne-t-elle aussi la formation de votre personnel ?
« Oui. Nous sommes aujourd’hui une équipe d’environ quarante personnes, dont une trentaine de permanents. Une grande partie de nos collaborateurs ont commencé chez nous comme stagiaires ou apprentis. Notre directeur technique est arrivé de cette manière, tout comme plusieurs responsables de l’équipe et ingénieurs. Nous préférons former les gens et les faire progresser plutôt que de recruter systématiquement à l’extérieur. C’est parfois plus difficile au départ, mais lorsque les personnes restent, le retour sur investissement est considérable. Nous voulons aussi qu’elles conservent une vision globale du sport automobile. Les outils modernes, les données et les stratégies sont importants, mais les fondamentaux restent essentiels. »
Vous travaillez également sur un projet féminin en GT4. Quelle est la prochaine étape ?
« C’est un projet que nous développons depuis quatre ans avec l’équipe. L’objectif est de permettre à une pilote de progresser et, à terme, d’envisager le GT3. Elle (Cindy Gudet) a déjà signé des résultats importants, avec notamment deux victoires au classement général. Mais comme souvent en sport automobile, la question du budget reste déterminante pour franchir les étapes suivantes. »

