Pour sa première venue à Barcelone en FIA WEC, BMW doit composer avec un circuit particulièrement exigeant pour les pneumatiques. Maxime Bonnefoy, team manager Hypercar, revient sur les difficultés rencontrées lors des premiers essais, les progrès réalisés en matière de fiabilité et les ambitions de l’équipe pour les deux dernières manches de la saison 2026.
Barcelone est une nouvelle étape pour vous en FIA WEC. Quels sont les principaux défis techniques identifiés sur ce circuit, notamment en matière de gestion des pneus et d’équilibre de la voiture ?
« C’est encore très compliqué. Nous nous concentrons énormément sur notre rythme de course plutôt que sur la performance en qualifications. Nous savions qu’en venant ici, nous allions découvrir un circuit qui dégrade énormément les pneus et sur lequel il faut une voiture disposant d’un bon grip mécanique. Ce n’est pas forcément le point fort de notre voiture. Nous savions donc que ce serait un circuit compliqué pour nous. Malheureusement, après la première séance d’essais libres, nous ne sommes pas tellement surpris. Nous essayons maintenant de trouver des solutions. »
Depuis le début de la saison, BMW semble avoir franchi un cap en WEC. Sur quels aspects techniques avez-vous le plus progressé et quelle marge de progression reste-t-il ?
« Je pense qu’il y aura toujours des marges de progression. Le principal progrès par rapport aux années précédentes concerne surtout la fiabilité. L’année dernière, nous ne terminions pas la plupart des courses à cause de problèmes de fiabilité. Cette année, nous avons montré qu’avec une voiture fiable et une bonne exécution de course, nous étions capables d’obtenir des résultats, même si nous n’avons pas toujours la voiture la plus performante en piste. Les prochaines étapes consistent vraiment à aller chercher davantage de performance et à continuer de développer la voiture pour progresser en vitesse pure. »
En endurance, les décisions prises depuis la passerelle des stands peuvent faire la différence. Quel est le compromis le plus difficile à trouver entre performance, consommation d’énergie et gestion des pneumatiques ?
« Ici, les éléments essentiels sont la gestion de l’énergie et celle des pneumatiques. Nous sommes limités dans le nombre de pneus disponibles et les arrêts aux stands sont déterminants pour la performance, puisqu’il n’y a pas de durée d’arrêt imposée. Notre temps au stand dépend notamment du nombre de pneus que nous changeons, de la décision d’en changer ou non, ainsi que de la quantité d’énergie et de carburant que nous remettons dans la voiture. Il faut trouver le bon compromis entre le temps au tour, l’énergie dépensée, la préservation des pneus et leur dégradation. Ce sont vraiment les éléments sur lesquels nous travaillons le plus. Au final, c’est un peu le cœur de l’endurance. »
Il ne reste que deux courses cette saison. Comment abordez-vous cette dernière ligne droite face à Toyota et Ferrari, qui revient dans la bataille ?
« Très honnêtement, certains des résultats que nous avons obtenus cette saison auraient été difficiles à imaginer au début de l’année. Compte tenu de nos deux dernières saisons, nous sommes dans une position légèrement supérieure à nos attentes. C’est donc très positif. Nous essayons surtout de conserver notre état d’esprit. Bien sûr, nous avons envie de devenir champions du monde, mais nous ne nous considérons pas encore comme tels. Nous nous concentrons sur ce que nous savons faire : bien exécuter les courses et effectuer correctement notre travail, comme nous essayons de le faire depuis le début de la saison. Cela a déjà payé à plusieurs reprises. Nous voyons le résultat final se rapprocher et nous pourrions être tentés de vouloir aller le chercher immédiatement. Mais nous essayons vraiment de rester concentrés. Nous avons une méthode qui a fait ses preuves et que nous pouvons encore affiner. Vouloir aller trop vite, c’est prendre le risque de commettre des erreurs. Une bonne exécution de course, sans pénalité ni incident en piste, avec des arrêts efficaces et une bonne stratégie, nous place généralement dans de bonnes positions, quelle que soit la performance pure de la voiture. Nous avons encore de la performance à trouver, mais les progrès réalisés en matière de fiabilité sont importants. L’équipe a également connu beaucoup de changements, qui nous ont permis d’avancer. Nous voulons maintenant en tirer le maximum de points. Nous nous battons contre de grandes équipes comme Toyota et Ferrari. Nous sommes aujourd’hui la première LMDh, face à des Hypercars qui disposent d’une grande expérience. Toyota est présent depuis de nombreuses années et Ferrari a été compétitif très rapidement. C’est donc enthousiasmant de pouvoir se battre à leurs côtés. Nous nous sentons davantage intégrés à cette bataille, même si rien n’est encore joué. »
Vous avez déjà utilisé des jokers d’évolution sur la voiture cette saison. Envisagez-vous de revoir en profondeur la BMW Hypercar pour 2027 ou plutôt de privilégier des évolutions ciblées ?
« C’est actuellement en cours de discussion. Je ne peux pas vraiment en dire davantage pour le moment. »

