Pour cette première venue du FIA WEC sur le circuit de Barcelone, Ferrari doit composer avec un manque de données récentes, une piste exigeante pour les pneumatiques et une météo incertaine. Mauro Barbieri, responsable performance de Ferrari , détaille les principaux enjeux de cette septième manche de la saison, entre préparation technique, stratégie et gestion du trafic.
Sur le papier, le tracé catalan devrait mettre les pneumatiques à rude épreuve. Ferrari a déjà travaillé sur la longueur des relais et la répartition des pneus disponibles, mais le choix entre les gommes tendres et médiums reste à affiner pendant les essais libres. « Sur le papier, cette piste devrait être assez agressive pour les pneus, en termes d’usure et de dégradation. La gestion des pneumatiques sera donc un facteur clé », explique Mauro Barbieri. La Scuderia espère toutefois tirer profit des caractéristiques du circuit. Depuis 2023, l’équipe estime avoir progressé dans l’exploitation des pneus sur la durée d’une course, tandis que les virages à vitesse moyenne et élevée pourraient convenir à la 499P. « L’un des domaines dans lesquels nous avons progressé, avec la voiture, les pilotes et les ingénieurs, est la gestion et l’utilisation des pneus en course », souligne-t-il.
Ferrari a déjà fait rouler la 499P à Barcelone lors de séances d’essais organisées en 2022, puis en 2023 et 2024. Ces roulages restent toutefois de faibles références pour préparer cette manche : la configuration du circuit a évolué, tout comme la voiture et les pneumatiques. La Scuderia a également choisi de ne pas organiser de séance spécifique en amont, ses journées d’essais étant limitées. « Avec ce circuit, comme nous disposons de données remontant à deux ans, la préparation se fait un peu plus à l’aveugle », reconnaît Mauro Barbieri. L’expérience de certains pilotes sur ce tracé, acquise dans d’autres championnats, constitue néanmoins une aide pour anticiper les particularités de la piste et limiter les surprises dès les premiers essais.
Au-delà de la performance pure, le trafic représente un autre enjeu majeur. Les écarts entre les Hypercar étant parfois très faibles, le choix du moment pour prendre la piste ou ressortir des stands peut peser sur le résultat. « Choisir le bon moment pour anticiper le trafic ou s’assurer que l’on ressortira dans de l’air libre joue un rôle important cette saison », précise-t-il.
La météo reste également à surveiller, notamment avec l’arrivée d’un nouveau pneumatique pluie Michelin. Celui-ci doit améliorer le comportement sur une piste en cours d’assèchement, tout en conservant une bonne montée en température et une évacuation efficace de l’eau. Ferrari dispose toutefois de peu de références récentes en conditions humides avec cette évolution. « Le pneu devrait être un peu meilleur sur les pistes qui sèchent, sans compromettre la montée en température et l’évacuation de l’eau », explique Mauro Barbieri. Il préfère donc miser sur la capacité d’adaptation de son équipe, quel que soit le scénario : « Si nous sommes en difficulté pendant les essais libres cette semaine, je prierai pour avoir de la pluie. Sinon, je prierai pour que la piste reste sèche (rire) » !
Pour Ferrari, ce sera avant tout un exercice d’adaptation. La capacité de la 499P à trouver rapidement le bon équilibre entre performance, gestion des pneumatiques et stratégie sera déterminante pour espérer obtenir un bon résultat.

