Tom Dillmann sort d’une sacrée saison qui l’a vu terminé champion IMSA LMP2 avec Inter Europol by PR1 Mathiasen et vice-champion ELMS (1 victoire) avec Inter Europol Competition. Le Français est revenu sur son année 2024 partagée entre l’Europe et les USA. Pour EnduranceLive, Il nous livre également son programme et ses objectifs pour l’année 2025.
Tom, vous êtes engagé cette année en IMSA WeatherTech SportsCar Championship, en European Le Mans Series (ELMS) ainsi qu’aux 24 Heures du Mans avec Inter Europol Competition. Comment parvenez vous à jongler entre ces différents programmes et quelles sont vos ambitions pour chacun d’entre eux ?
» Bien que je pilote une LMP2 dans chacune de ces compétitions, chaque championnat possède ses propres spécificités en termes de puissance, de poids et de pneumatiques. Mais c’est surtout l’approche stratégique qui diffère. En championnat ACO, la gestion des pneus sur un double relais est un élément clé de la performance, tandis qu’en IMSA, ce paramètre est beaucoup moins déterminant puisque l’on peut basculer en relais simple à partir de la mi-course. La gestion des neutralisations varie également : en IMSA, chaque incident entraîne automatiquement l’intervention du safety car, tandis qu’en ELMS, on tend à se rapprocher de ce modèle avec l’usage du VSC (Virtual Safety Car) suivi du SC (Safety Car). »

Vous partagez le volant avec Jakub ‘Kuba’ Śmiechowski et Nick Yelloly en ELMS. Comment se passe votre collaboration et quels sont vos objectifs communs cette saison ?
« Je connais très bien Kuba (Śmiechowski), avec qui j’ai déjà couru en IMSA avec succès. En plus d’être mon coéquipier, il est aussi le patron de l’équipe et nous avons une relation de confiance solide. Ce n’est pas rien, c’est le Silver qui a remporté Le Mans en 2023 ! L’an dernier, j’occupais un rôle de leader au sein d’un équipage composé de jeunes pilotes et nous avons accompli un excellent travail ensemble. Cette année, la dynamique sera différente avec l’arrivée d’un autre pilote professionnel. J’ai toujours eu beaucoup de respect pour le parcours de Nick (Yelloly, ancien pilote BMW et actuel officiel Acura en IMSA), et j’ai hâte de collaborer avec lui et Kuba pour atteindre nos objectifs. »

Après votre sacre en LMP2 dans le championnat IMSA en 2024, comment abordez-vous la défense de votre titre ? Quels sont les principaux défis à relever ?
« L’équipage a évolué, mais je suis convaincu que notre performance sera encore meilleure, notamment sur les premières courses. En 2024, nous découvrions à la fois les circuits et le championnat, ce qui représentait un véritable apprentissage. À Daytona, par exemple, nous n’avions pas la voiture pour viser la victoire l’an dernier, alors qu’en 2025, c’était clairement le cas. Malheureusement, notre début de saison a été compromis par une casse de boîte de vitesses à Daytona, mais nous allons tout mettre en œuvre pour rebondir et bien démarrer notre campagne aux 12 Heures de Sebring dans dix jours. »

Vous poursuivez votre rôle de pilote d’essai et de réserve pour Jaguar TCS Racing en Formule E sur la saison 2024/2025. Comment conciliez vous cet engagement avec votre programme en endurance, et quelles sont vos contributions spécifiques à l’équipe ?
« Cela fait maintenant cinq saisons que je collabore avec Jaguar TCS Racing. Mon rôle principal est de participer aux essais pour développer la voiture qui sera en compétition l’année suivante, voire deux ans après. Lors des semaines de course, je suis soit au simulateur pour affiner les réglages en amont et entre les séances en piste, soit présent en tant que pilote de réserve. L’objectif est d’optimiser la voiture en fonction des retours des pilotes titulaires. C’est une grande équipe et continuer à évoluer en Formule E est un atout précieux, notamment parce que c’est la discipline la plus avancée en matière de développement logiciel, un élément clé en Hypercar. »

Quels sont vos objectifs pour la saison 2025 ?
« Mon objectif principal est de gagner. Évoluant dans une catégorie monotype au sein d’une équipe de premier plan, je sais que nous avons toutes les chances de réussir. Il s’agit avant tout de bien travailler ensemble (même si je préfère dire que c’est un privilège de vivre de notre passion plutôt que de simplement « travailler »). Le but ultime, c’est de décrocher le titre, suivi de victoires et podiums. En participant à des événements comme Le Mans et l’IMSA, il y a aussi des courses mythiques que j’aimerais remporter, comme Sebring ou Petit Le Mans. »

Comment parvenez vous à concilier votre vie personnelle et professionnelle , surtout avec des compétitions sur plusieurs continents ?
« C’est une vie un peu hors du commun. Il m’arrive de passer un mois entier loin de ma famille, mais aussi d’avoir la chance de passer un mois à la maison sans obligation professionnelle. C’est une question d’adaptation et je suis extrêmement reconnaissant de pouvoir vivre ma passion du sport automobile. C’est un privilège d’être pilote, et chaque moment en piste est une expérience passionnante. »
