Alors que Genesis Magma Racing va disputer ses toutes premières 24 Heures du Mans dans quelques semaines, son directeur sportif, Gabriele Tarquini, a lui même couru dans la Sarthe. Une seule fois. Pour Endurance Live, et avant de parler de 2026, l’ancien pilote de F1 et roi des voitures de tourisme, nous a ouvert son livre de souvenirs. Retour il y a 41 ans !
« Je me rappelle très bien de ce qui s’est passé parce que c’étaient mes premières et uniques 24 Heures du Mans. J’étais en Formule 3000, c’était ma première année et ça marchait très bien. Et là, j’ai eu un appel de Massimo Sigala, qui avait une Porsche 956, gérée par Brun Motorsport, un team super professionnel. Il me demande si je suis disponible pour faire les 24 Heures du Mans.
Etant italien, je ne connaissais pas très bien les 24 Heures du Mans. J’étais jeune, sans d’expérience. J’ai répondu : « Oui, pourquoi pas ? » Je me suis dit, je vais avoir une expérience différente parce que j’étais issu du karting. J’ai commencé en formule, je n’avais pas d’expérience avec d’autres voitures que les monoplaces. Alors il m’a fait faire un test à Monza, c’est la première fois que je suis monté dans la voiture, j’ai fait cinq, six tours.
Elle était très sympa à piloter, une super voiture. Il a fait une séance d’essai pour essayer un peu le set-up du Mans et je me suis très bien amusé. J’ai dit oui pour Les 24 Heures, il était content et je n’ai même pas signé un contrat. On s’est juste mis d’accord. Et là, c’est parti et un mois après, je suis allé en Sarthe.
C’était ma première fois, il n’y avait pas de simulateur, je ne connaissais pas très bien la voiture, ni le circuit. Je m’en souviens parfaitement parce que mon premier tour, c’était la nuit parce que, comme maintenant, il fallait se qualifier dans ces conditions. Je me rappelle, je suis parti pour cinq tours et Massimo m’a dit : « Tu vas doucement, ce n’est pas un problème, tu apprends un peu la piste ». Et j’ai fait les cinq tours de nuit sans connaître le circuit et c’était encore plus difficile avec tout le trafic.
Dans l’équipage, il y avait aussi Oscar Larrauri qui était un pilote très rapide. Il a fait une bonne qualif » et a placé la 956 au 10e rang (en 3:26.670). Mais la voiture n’a pas terminé la course (problème moteur), on s’est arrêté, je crois, à midi. Il manquait quatre heures, cinq heures. On était bien classés, on luttait pour la troisième ou quatrième place. A l’époque, il y avait beaucoup de Porsche,14 ou 15 entre les 956 et les 962, qui commençaient déjà à sortir.
Après cette expérience, j’ai tout le temps réfléchi : « Vais-je refaire Le Mans ? » J’en avais vraiment envie, mais je n’ai pas eu vraiment l’opportunité de monter dans une voiture compétitive. Des fois, on m’a appelé pour rouler en GT, mais ce n’était pas ma catégorie, je n’en ai jamais fait. Je n’ai pas eu la chance de me dire : « OK, je remonte dans une voiture qui peut gagner Le Mans ».
J’ai ensuite eu mon temps en Formule 1 (à partir de 1987 pour 36 GP avec entre autres, Osella, Coloni, AGS et Tyrrell, ndlr) et après, j’ai commencé avec le tourisme (champion du monde WTCC 2009 et WTCR 2018, ndlr). L’endurance n’était plus mon monde, j’en étais loin. »
Il revient donc, avec un autre rôle, et sera au Mans dès la Journée Test dans son costume de directeur sportif Genesis Magma Racing.

