Bilan de deuxième saison en LMP2, soutien de Genesis et perspective pour la suite… Jamie Chadwick, pilote IDEC Sport, s’est confiée à l’occasion des 4 Heures de Portimão, finale de l’ELMS.
Jamie, quel est votre bilan de cette deuxième saison en LMP2 ?
« C’est passé très vite. C’était évidemment assez différent de l’année dernière à certains égards, mais aussi très similaire, puisque je suis restée dans la même équipe. C’est bien sûr agréable de disputer une deuxième année dans ce championnat. J’ai l’impression qu’on apprend beaucoup la première année et qu’on peut ensuite mettre cela à profit pour la deuxième saison. Globalement, je pense qu’on peut se montrer plutôt positifs. En termes de performances, je trouve qu’on a été vraiment compétitifs et, pour moi en tout cas, nettement plus compétitive que l’année dernière. Je pense qu’en 2026, on a souvent obtenu d’excellents résultats, mais parfois les performances, surtout pendant mon relais, laissaient un peu à désirer. Je pense donc que nous avons franchi un cap. Cette année a sans aucun doute été plus difficile en termes d’enchaînement de résultats, mais c’est une année dont nous pouvons être très satisfaits, et je pense qu’avec la nouvelle composition de l’équipe et tout ce que nous avons mis en place en début de saison, cela a été positif. »
Vous venez du monde des monoplaces. Comment s’est passé le partage de la voiture au début ?
« L’année dernière, c’était la première fois que je partageais la voiture avec deux autres pilotes, mais j’ai eu énormément de chance. Maintenant, on les retrouve en Hypercar avec le programme Genesis. Je pense qu’avec Mathys (Jaubert) et Dani (Juncadella), je ne pouvais pas rêver de deux meilleurs pilotes pour une première année dans un contexte comme celui-ci ou dans un programme de ce genre. J’ai donc eu énormément de chance de partager le volant avec d’excellents pilotes. Et cette année encore, avec Laurents (Hörr), qui a une belle expérience, et Valerio (Rinicella), qui est très rapide pour sa première saison. En fait, je pense que j’ai vraiment apprécié cet aspect du partage. Bien sûr, il y a toujours des compromis à faire, et l’approche de la saison et des courses est toujours légèrement différente. Mais j’ai vraiment apprécié d’en faire partie, j’ai pris du plaisir à courir. »
Pour cette deuxième saison, dans quel domaine avez-vous progressé, ou pensez-vous devoir vous améliorer ?
« Je pense que, dans tous les domaines, j’ai l’impression d’avoir franchi une bonne étape. C’est parfois difficile. Lors du premier relais de pilote Silver, votre rôle consiste vraiment juste à ramener la voiture dans la course. On l’a vu à Silverstone : j’ai commis une petite erreur, et tout à coup, la course est partie en vrille. Je pense donc qu’on a vraiment franchi une étape importante. J’ai effectué le relais du milieu à Imola pour la première fois, et en fait, c’était ma meilleure course. Je me suis vraiment sentie beaucoup plus à l’aise et en confiance pour gérer ce genre de relais.
Globalement, je dirais que je suis mieux en gestion de trafic. La gestion des pneus est naturellement un peu différente, mais je dirais que le plus grand défi, au départ, c’était le trafic et, sur les deux relais, la gestion de celui-ci : savoir quel risque prendre et éviter, en particulier dans un championnat comme l’ELMS, avec ce mélange de pilotes entre les Bronze, les LMP3 et les GT, c’est un véritable défi. »
Et le soutien de Genesis est très important ?
« Tout à fait. Bien sûr, l’année dernière était en réalité la première année du projet. Nous avions beaucoup de monde impliqué, ce qui nous a énormément aidés. Lorsque nous avons été en position de nous battre pour le championnat, nous avions plus d’ingénieurs Genesis que la plupart des autres équipes n’en auraient eu au total. Nous avons eu beaucoup de chance de bénéficier de ce soutien, qui s’est poursuivi cette année. Pour ma part, cela m’a permis de faire quelques sorties en Hypercar, ce qui a été incroyable. J’ai beaucoup appris de cette expérience, en côtoyant l’équipe. Même si c’est leur première année, ils comptent des personnes très expérimentées au sein de l’équipe, et le programme ne cesse de se renforcer. Faire partie de cette aventure a été formidable. »
Lors de vos essais en Hypercar, aviez-vous un rôle précis, ou s’agissait-il simplement d’accumuler des kilomètres ?
« La plupart des essais, ou du moins les principaux, que j’ai effectués étaient des essais d’endurance, c’est-à-dire des sessions de 24 ou 36 heures. Donc, naturellement, on monte au volant, on effectue son bloc de deux heures, et l’essentiel réside justement dans l’aspect endurance. Mais ce qui est sympa, c’est que comme le programme évolue constamment, chaque fois que je prends le volant, c’est souvent pour de longues sessions. On voit l’évolution et les changements au sein de l’équipe, je pense que j’apprends beaucoup de ça. Parfois, j’apporte aussi un regard neuf grâce à mon parcours. Alors oui, j’ai vraiment apprécié cet aspect là. En plus, c’est génial pour moi d’accumuler tout ce kilométrage. La voiture est différente à piloter, mais j’apprécie vraiment ça. La Genesis, en particulier, est l’une des Hypercars les plus agréables à piloter, avec son châssis Oreca et tout le reste. Jusqu’à présent, les circuits que j’ai parcourus étaient vraiment sympas et j’ai l’impression que ça m’a bien préparé. »
Et après la finale de l’ELMS, quel sera le programme pour le reste de la saison ?
« Pour l’instant, je suis évidemment toujours à la recherche de nouvelles opportunités. Je n’ai pas prévu d’aller en Winter Series, mais j’adorerais. On verra comment les choses se passent avec les classements. Naturellement, il y a un peu de va-et-vient en ce moment pour savoir qui reste en Silver et passe en Gold. On verra comment ça se passe et j’essaierai de travailler sur certains aspects pour l’année prochaine. »
Et pour l’année prochaine ?
« Je ne sais pas encore. C’est encore un peu incertain, malheureusement. Mais comme je le disais, mon objectif est d’essayer de trouver d’autres programmes. J’ai adoré l’ELMS ces deux dernières années. J’adorerais y rester, mais j’aimerais aussi en faire plus. Six courses par an n’est pas vraiment suffisant. Je n’ai pas piloté autant que je l’aurais souhaité, et c’est parfois difficile de ne pas être au volant aussi souvent. C’est donc un point sur lequel je veux travailler. »

